Automobile : comment les boîtes de vitesses sont devenues des « nids » à logiciel

Automobile : comment les boîtes de vitesses sont devenues des « nids » à logiciel

Grâce à l’électronique, le fonctionnement des boîtes de vitesses automatique influence largement les niveaux d’émissions polluantes.

On connaissait déjà le logiciel truqueur des moteurs Diesel Volkswagen. Voici que l’on commence à découvrir un autre software potentiellement aussi pernicieux, celui des boîtes de vitesses automatiques.

Audi ne l’a reconnu qu’à demi-mot le week-end dernier, mais ses transmissions automatiques sont capables de déceler le moment où la voiture subit un test officiel (grâce à la rotation du volant), et d’adapter en fonction les passages de vitesses. En France, les autorités ont mis au jour un comportement du même genre sur la Fiat 500x.

En général, plus le moteur tourne lentement, plus la vitesse enclenchée est élevée, moins le bloc consomme et pollue. La manière d’utiliser le moteur régit donc largement la performance environnementale d’une voiture.

Algorithme ultrasophistiqué

En conduite manuelle, la responsabilité incombe au conducteur, qui sait pertinemment que son plein durera moins longtemps s’il accélère « façon karting ». En conduite automatique, c’est le logiciel de la boîte qui passe les vitesses quand bon lui semble, selon un algorithme ultrasophistiqué calculant en temps réel le rapport optimal pour atteindre le rythme voulu par le conducteur. L’idée de base : maîtriser la consommation tout en conservant une reprise raisonnable – entre eux, les experts appellent cela le « brio » du moteur -, et des bruits ou des tremblements limités.

Pour gérer les conditions réelles de conduite, les constructeurs ont ainsi intégré à leurs algorithmes plusieurs modes – « éco », « normal », « sport » -, qui s’activent en fonction de la pente de la route, des conditions de circulation, mais également selon le comportement du conducteur.

Logiciels « auto-apprenants »

Pour compliquer la chose, ces logiciels sont de plus en plus « auto-apprenant », c’est-à-dire qu’ils intègrent au fur et à mesure le comportement du conducteur de la voiture à leur propre algorithme. Un vrai savoir-faire différenciant dans l’industrie : s’ils achètent la boîte et la sous-couche informatique à un fournisseur, les constructeurs codent eux-mêmes le logiciel du calculateur (ou du moins, ils en définissent toujours les paramètres).

Grisés par la magie de l’électronique, certains ont-ils pu aller jusqu’à développer des programmations irréalistes à l’intention exclusive des tests officiels ? A elle seule, la boîte de vitesses peut permettre de gagner quelques grammes de C02 lors des tests officiels, ce qui fait parfois une différence énorme. « C’est comme faire de l’écoconduite. En fonction du véhicule, on peut gagner de 5 à 10 % en consommation avec le réglage d’une boîte », pointe un expert. Dans ce cas, pas étonnant que différentes techniques d’optimisation des boîtes soient utilisées pour passer les tests. Ainsi, on peut rouler en équivalent cinquième en ville comme Fiat, ou démarrer l’essai en seconde, comme Volvo. Ce serait légal, a priori.

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